Edwige Tuarze (Eléa & Cybèle) : « N’aie pas peur de te planter : tu en ressortiras toujours grandi pour ta prochaine expérience »

May 17, 2017


Reconnecter mode et nature. A 26 ans, Edwige Tuarze (Programme Grande Ecole 2014) réinvente le prêt-à-porter féminin. A la tête d’Eléa & Cybèle (Facebook - Twitter), elle dessine des collections éthiques, utilisant des tissus végétaux et des matières recyclés. Découverte d’une entreprise responsable et une entrepreneur engagée.


Qui sont Eléa et Cybèle ?


Eléa est l’un des personnages centraux du roman de science-fiction de Barjavel « La nuit des temps », ou l’histoire d’amour d’une femme à la beauté surnaturelle. Quant à Cybèle, elle est la déesse phrygienne de la nature… Toutes deux résument l’ambition de la marque « Eléa & Cybèle » : reconnecter l’environnement et la mode. Cette éthique passe par l’utilisation de tissus végétaux biodégradables, le recyclage d’invendus et de tissus perdus en amont et en aval de la production, mais aussi de pièces uniques provenant d’un « dressing des Parisiennes » - une communauté nous offrant des pièces pour que nous les réinventions - et enfin, dans la mesure du possible, par l’approvisionnement auprès de producteurs français. Là encore, le but est de créer un cercle vertueux pour une économie circulaire limitant l’impact environnemental.


Le coût écologique de la mode n’est pas vraiment glamour…


En effet, chaque année, ce sont plus de 700 000 tonnes de tissu qui sont jetés et moins d’un quart est recyclé. Nous récupérons cette matière et lui offrons une nouvelle vie.


Comment t’es venue l’envie de lancer Eléa & Cybèle ?


Ma mission lors de mon stage de fin d’études chez Bulgari m’a donnée les armes nécessaires pour être une bonne entrepreneure. Par ailleurs, habiter en Chine m’a permis de prendre conscience de la création importante de déchets liée à la mode. Ce secteur est la deuxième industrie la plus polluante au monde…


A qui s’adressent tes collections ?


Nous nous adressons plus particulièrement aux femmes qui ont entre 19 et 36 ans, la génération des « millenials » peut-être davantage sensibilisée à l’écologie et aux notions de « fair trade ». Mais partout les choses bougent et la société attend des entreprises qu’elles s’engagent vers une économie durable, dans notre cas c’est une démarche de « slow fashion ».


En quoi emlyon business school t’a aidée dans ce projet ?


Côté enseignants, Christophe Haag et Manmeet Singh ont été d’une aide précieuse, ils m’ont soutenue, encouragée et mentorée lors de la création d’Eléa & Cybèle. J’ai aussi pu compter sur le soutien des anciens de ma promo pour l’élaboration de questionnaires de marché ou encore la réalisation de mon site Internet, la structuration financière de l’entreprise…


Pour toi, l’esprit early maker, c’est…


Avec Eléa & Cybèle, nous ne lançons pas une nouvelle plateforme internet, mais je dirais que ce qui nous caractérise c’est une vision bienveillante de la mode : offrir un vêtement beau, écoresponsable, sans être moralisateur. On se joue des codes. « S’habiller green mais avec du style ! » 😊


Et l’esprit entrepreneur ?


Un peu d’inconscience, pas mal de positivité, beaucoup d’intuition et énormément de travail :)


Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui veut lancer son entreprise ?


Prends tous les conseils constructifs, commence dès ton entrée à emlyon business school et n’aie pas peur de te planter : tu en ressortiras toujours grandi pour ta prochaine expérience.


Une personnalité qui t’inspire ?


Antoine Pin, qui m’avait recruté chez Bulgari, pour sa bienveillance au quotidien. Il prête particulièrement attention aux employés et sait faire émerger les talents. Je pense aussi à Caroline Portes, la directrice de Tissons la réalité, une association qui aide les femmes à se réinsérer en travaillant dans le milieu de la mode.


La suite pour Eléa & Cybèle ?


Le lancement de notre campagne de crowdfunding pour financer notre atelier parisien de confection textile avec pour objectif de réinsérer les personnes éloignées de l’emploi.



Edwige Tuarze (Eléa & Cybèle): “Don’t be afraid to make mistakes; they will only make you stronger”


Reconciling fashion with nature. At the age of 26 Edwige Tuarze (2014 Grande Ecole programme) is reinventing women’s off-the-rack clothing. Director of Eléa & Cybèle, she designs ethical collections, using plant-based fabrics and recycled materials. Discover a responsible company and a committed entrepreneur.

Who are Eléa and Cybèle?

Eléa is a central character from the science-fiction novel The Ice People, by René Barjavel, in which a woman’s story of love takes on a supernatural beauty. As for Cybèle, she is the Phrygian goddess of nature. Both reflect the brand’s goal, which is to reconcile fashion with nature. We do this by using bio-degradable plant-based fabrics, recycling unsold clothes as well as waste fabric created during the production process, and unique items from “Dressing des Parisiennes” – a community that offers us items to ‘reinvent’, and finally, wherever possible, supplies from French producers. Again, the goal is to create a virtuous circle for a circular economy that reduces environmental impact.

The ecological cost of fashion is not glamorous at all, is it?

Every year, over 700,000 tonnes of fabric are discarded and less than a quarter are recycled. We recover these fabrics and offer them a new life.

Where did the idea to launch Eléa & Cybèle come from?

During my internship at Bulgari, I learned how to be a good entrepreneur. Moreover, living in China really opened my eyes to the significant waste created by the fashion industry. It is the second most polluting industry in the world....

Who are your collections for?

Women between the ages of 19 and 36, in particular; the ‘millennial’ generation is more aware of ecological concerns and the notion of "fair trade". But times are changing and society expects companies to commit to a sustainable economy. We are all about “slow fashion”, so to speak.

How did emlyon business school help you in this project?

Teachers Christophe Haag and Manmeet Singh were of invaluable help; they supported, encouraged and mentored me during the creation of Eléa & Cybèle. I was also able to count on the support of classmates, who helped me to develop market questionnaires, set up my website as well as the financial structuring of the company.

What is the ‘early maker spirit’ in your opinion?

Eléa & Cybele is not a new internet platform, but what characterizes us is our vision of “well-intentioned” fashion: offering beautiful, environmentally-responsible clothing without lecturing people. We’re playing with codes. "Dress green but with style!"

And an entrepreneurial spirit?

A little naivety, a fair amount of positivity, a lot of intuition, and an enormous amount of work :)

What advice would you give to a student who wants to start a business?

Take all the constructive advice you can get. Start as soon as you enter emlyon business school and do not be afraid to make mistakes; they will only make you stronger.

Someone who inspires you?

Antoine Pin, who recruited me at Bulgari, for his encouragement every day. He is very focused on his employees and knows how to bring talent out in people. I also think of Caroline Portes, director of Tissons la Réalité, an association that helps women reintegrate by working in the fashion world.

What’s next for Eléa & Cybèle?

The launch of our crowdfunding campaign to finance our Paris workshop of textile manufacturing with the objective bringing jobseekers back into employment.

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