Martin Devictor : « Etre son patron, c’est être sans cesse dans la découverte. Il n’y pas de routine »

Amoureux de la montagne, Martin Devictor (Programme Grande Ecole, 1999), quitte le monde de la finance en 2016 pour lancer Mont-Blanc Collection, un groupe d’hébergements de charme en plein cœur de Chamonix. Aujourd’hui, il poursuit le développement de sa société et multiplie les projets pour assouvir sa passion de l’hôtellerie. 

Chamonix c’est une histoire de famille…

Tout à fait, mes grands-parents y ont fait leur voyage de noces dans les années 40 et, plus tard, ils louaient régulièrement des chalets pour accueillir enfants puis petits-enfants. Mon père a lui-même fait construire un chalet dans les années 80 quand nous vivions en Angleterre. C’est de là que me vient le goût du sport et de la montage.

Comment se lance-t-on dans l’hôtellerie ?

Ce n’était pas vraiment prémédité. J’ai commencé ma carrière dans une start-up du web, puis j’ai évolué dans la banque, à la Royal Bank of Scotland à Paris, Londres puis Genève. Cette dernière destination était déjà l’occasion de me rapprocher des montagnes. Avec mon frère et mes sœurs, nous avons voulu construire des chalets pour nos familles. Afin de les rentabiliser, nous nous sommes dirigés dans un modèle de parahôtellerie. C’est là que j’ai découvert ma passion pour l’accueil. En parallèle, il me semblait nécessaire de me réorienter professionnellement et d’être dans une vision sur le long terme, contrairement à la finance où on est vite dépassé.

En 2010, j’entends parler d’un petit hôtel en vente. Je me suis alors associé à 50/50 avec un hôtelier, une personne brillante avec qui j’ai beaucoup appris. Cet hôtel lui a servi de vitrine pour créer son groupe. Plus tard, je lui ai racheté ses parts et j’ai  créé ma propre société hôtelière.  

Aujourd’hui, vous disposez de combien de lieux d’accueil ?

Il y a donc l’hôtel de Faucigny, l’appart-hôtel le Génépy, ouvert en 2016, et le Whymper, Chalets & spa ouvert en 2017. Je dispose d’une capacité de 51 chambres et je peux accueillir jusqu’à 130 personnes. D’ici peu, je vais ouvrir deux autres projets et ainsi doubler le nombre de chambres. C’est la taille critique à atteindre pour que l’entreprise de gestion soit rentable.

Entreprendre c’était important pour vous ?

Disons que j’avais cela dans le sang : mon père était lui-même entrepreneur. Etre son patron, c’est être sans cesse dans la découverte. Il n’y pas de routine. Parfois je dois m’occuper de choses très terre-à-terre comme des fuites d’eau ou des problèmes de chauffage mais aussi gérer la stratégie d’un concept hôtelier. C’est extrêmement varié.

Qu’est-ce qui vous passionne dans l’hôtellerie ?

Bien évidemment, le côté humain, la rencontre avec la clientèle. Mais c’est aussi le rapport à l’immobilier, à la terre qui me plaît.

Quels sont vos souvenirs à emlyon business school ?

J’ai beaucoup participé à la vie étudiante, notamment à travers le bureau des élèves. J’ai même été élu président de la fédération des étudiants lyonnais. J’ai conservé de nombreuses amitiés de ces quelques années. Les anciens sont bienveillants entre eux et partagent des valeurs communes. C’est une plateforme très ouverte.

La prochaine étape pour Mont-Blanc Collection ?

Il y a les deux projets en cours à Chamonix. J’aimerais aussi prendre en gestion un hôtel à Paris. Encore plus tard, d’ici 2 ans idéalement, j’aimerais me lancer à l’international. Je verrai en fonction des marchés et des opportunités. L’Europe reste un marché avec un certain potentiel pour des hébergements de qualité mais pourquoi pas en Asie ou en Afrique… n’oubliant pas que les choses doivent se faire pas-à-pas.

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